Agir pour la biodiversité

Icône biodiversité nature québec

Selon un récent rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES), près d’un million d’espèces végétales et animales sont menacées dans le monde, largement en raison de la déforestation, de la surpêche, de l’agriculture intensive et des changements climatiques. En fait, l’impact des activités humaines sur l’environnement est tel que nous faisons face à une 6e extinction de masse du vivant que nous avons nommée « anthropocène».

Comme ailleurs, le déclin de la biodiversité au Québec et au Canada s’est accentué, malgré les mesures de conservation. La faune, la flore et les écosystèmes font face à des menaces croissantes liées à l’étalement urbain, à l’utilisation des pesticides, aux industries minière, pétrolière et forestière, aux transports terrestre et maritime, aux bouleversements climatiques et à l’arrivée d’espèces invasives. 

Freiner l’érosion de la biodiversité est une tâche colossale qui demande un changement de paradigme à plusieurs niveaux. Comme organisme de conservation, Nature Québec est interpellé au premier chef par cet enjeu. Avec nos projets , nous travaillons à sensibiliser et outiller la population et les décideurs, concerter les acteurs et créer des réseaux d’aires protégées afin de freiner le déclin de la diversité biologique et la dégradation des écosystèmes.

Créer et mettre en valeur un réseau d’aires protégées

Au niveau international, l’année 2020 a été déclarée «cruciale » pour la biodiversité. Elle coïncide de fait avec l’échéance pour l’atteinte des objectifs internationaux d’Aichi de protection de 17% des zones terrestres et 10 % des zones côtières et marines dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CBD) adoptée lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Le Québec a atteint de justesse cet engagement en annonçant la création de nouvelles aires protégées terrestres et marines en décembre 2020. Toutefois, la plupart de celles-ci se trouvent au nord du 49e parallèle, là où elles entrent peu en conflit avec les activités humaines et industrielles. Pourtant, pour protéger la biodiversité et des espèces menacées comme le caribou et le béluga du Saint-Laurent, plus d’aires protégées doivent voir le jour dans le sud du Québec. De plus, le prochain objectif de Convention sur la diversité biologique prévoit une protection de 30% des territoires terrestres et marins d’ici 2030, une bouchée énorme pour le Québec qui devra surmonter les craintes associées aux conflits d’usages avec les industries et les communautés.

Afin d’apporter des solutions à ces enjeux, Nature travaille à développer des projets phares d’aires protégées qui impliquent une meilleure concertation des acteurs du milieu, un dialogue avec les communautés autochtones et le développement de notions comme le statut d’« aires protégées d’utilisation durable » qui permettent une mixité d’usage. C’est le cas du projet « Protection et mise en valeur d’Anticosti ». Avec ces projets, Nature Québec veut allier conservation de la biodiversité et rayonnement des communautés.

baleine noire de l'atlantique nord
Photo par FWC Fish and Wildlife Research Institute

Documenter et freiner le déclin des espèces

À ce jour, 38 espèces fauniques et 78 espèces floristiques ont été désignées menacées ou vulnérables en vertu de la Loi québécoise sur les espèces menacées ou vulnérables. À l’échelle du Canada, ce sont environ 600 espèces de plantes et d’animaux qui font l’objet de protection par  la Loi sur les espèces en péril (LEP).

Cette situation brosse un portrait sombre pour la biodiversité au pays et agir nécessite d’avoir l’heure juste sur l’évolution des populations fauniques et leur habitat. C’est pourquoi Nature Québec est en relation avec des biologistes de différents milieux. Cette proximité avec le milieu de la recherche permet à Nature Québec de maintenir des veilles sur des espèces comme le caribou de la Gaspésie et le caribou forestier, de créer des rapports proposant des pistes solution pour leur protection, de participer à des tables de concertation et d’agir pour influencer les stratégies gouvernementales pour leur rétablissement.

Sensibiliser et impliquer la population

Freiner le déclin de la biodiversité au Québec passe également par une multitude d’actions que les citoyen-nes peuvent entreprendre, qu’ils habitent en ville ou en région. Sensibiliser le public à l’effritement de la diversité biologique et des écosystèmes est essentiel.  Pour ce faire, Nature Québec pilote notamment un programme bénévole de protection de l’habitat des oiseaux. Nous avons également créé des guides de bonnes pratiques pour les hirondelles et les pollinisateurs en milieu agricole. Finalement, nous organisons des sorties éducatives en nature avec les plus jeunes.

Hirondelle bicolore
Photo par Solange Paquette

L’expertise de Nature Québec

Afin de mener ses projets, Nature Québec peut compter sur une solide expertise à l’interne. En effet, son équipe en biodiversité et aires protégées est composée de plusieurs diplomé-es universitaires en biologie et en écologie. Les responsables de notre commission “Aires protégées”, Mélanie Desrochers et Jean Hubert sont par ailleurs respectivement biologiste/chercheuse au Centre d’étude de la forêt de l’UQÀM et Récréologue et ex-fonctionnaire au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche et au ministère de l’Environnement de la Faune et des parcs. 

portrait de mélanie desrochers
Mélanie Desrochers, biologiste/chercheuse au Centre d’étude de la forêt de l’UQÀM
portrait de jean hubert
Jean Hubert, Récréologue et ex-fonctionnaire au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche et au ministère de l'Environnement de la Faune et des parcs