Communiqué – L’environnement, grand perdant du budget

25 mars 2021

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Communiqué de presse
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L’environnement, grand perdant du budget

 

Québec, le 25 mars 2021 – Nature Québec déplore que l’environnement soit le grand perdant du budget 2021-2022. L’organisme estime que le gouvernement a raté l’occasion de mettre en œuvre la relance verte et juste dont le Québec a besoin.

 

La majeure partie des investissements prévus pour une « relance durable » (41,1 sur 67,9 millions $) iront à l’accélération des projets d’infrastructures « prioritaires » par la délivrance des autorisations environnementales « dans les meilleurs délais ».

 

Pour Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, « Une véritable relance verte et juste ne passe pas par le contournement de lois environnementales pour accélérer la construction d’autoroutes. Le budget d’un Québec réellement résilient devrait inclure des investissements massifs pour lutter contre le plus grand défi que l’Humanité aura à relever : la crise climatique et environnementale. Avec le budget présenté, le gouvernement a raté l’occasion de mettre en œuvre la relance dont le Québec a besoin, tout en créant des emplois durables et de qualité ».

 

Nature Québec déplore aussi les investissements prévus dans l’extension des réseaux forestier et gazier. Par exemple, uniquement pour 2021-2022, le gouvernement prévoit des investissements de 50 millions $ pour la construction de chemins « multiusages » en forêt publique. « L’émission Enquête diffusé le 4 mars dernier a montré que ces chemins multiusages sont dans les faits construits pour couper toujours plus de bois, toujours plus loin, et qu’ils apportent une fragmentation importante des écosystèmes forestiers qui menace la biodiversité », explique Mme Simard. De plus, des investissements de 30 millions $ sur deux ans sont prévus pour développer l’extension du réseau de distribution de gaz fossile, incluant le gaz liquéfié. « Quand le gouvernement comprendra-t-il enfin que le gaz n’est pas une énergie de transition et quand aura-t-il le courage d’investir plutôt ces millions dans les énergies renouvelables ? », se questionne Mme Simard.

 

Nature Québec rappelle que des scientifiques de partout sur la planète ont expliqué dans la dernière année que le rythme actuel de destruction de la nature est responsable de la pandémie de COVID-19, et que d’autres pandémies sont à prévoir dans le futur si on ne protège pas les écosystèmes et les espèces. « Pour se protéger des pandémies futures, le Québec doit investir dans la conservation et la restauration de la nature. Malheureusement, le budget ne prévoit qu’un maigre 12,2 millions $ sur cinq ans pour des actions de conservation et de protection des espèces fauniques et de leurs habitats », explique Mme Simard.

 

L’organisme dénonce aussi le manque de moyens financiers octroyés au Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques. « Bien que le Ministère de l’Environnement voie son budget augmenter de 14,6%, il demeure l’enfant pauvre du gouvernement, avec à peine 1,5% du total des dépenses. Nous devons doter notre ministère responsable de la lutte contre la crise climatique de moyens financiers suffisants pour qu’il puisse remplir son rôle », explique Mme Simard.

 

Finalement, Nature Québec déplore que le gouvernement n’utilise pas le Fonds des générations pour s’attaquer à la crise climatique, alors que le service de la dette recevra 6,6% des dépenses totales. « La dette qui doit nous inquiéter plus que toute autre, c’est notre dette environnementale. Pour assurer un avenir aux générations futures, le Fonds des générations doit être mis à contribution pour investir massivement dans la protection de la nature et la lutte à la crise climatique », soutient Mme Simard.

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Pour renseignement :

Alice-Anne Simard
Directrice générale de Nature Québec
418-803-4992
alice-anne.simard@naturequebec.org

 

À propos de Nature Québec

Nature Québec est un organisme national sans but lucratif œuvrant à la conservation des milieux naturels et à l’utilisation durable des ressources depuis 1981. Appuyée par un réseau de scientifiques, son équipe mène des projets et des campagnes autour de 4 axes : la biodiversité, la forêt, l’énergie et le climat, ainsi que l’environnement urbain. L’organisme regroupe plus de 90 000 membres et sympathisant-es,  40 groupes affiliés et est membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Partout au Québec, on sensibilise, mobilise et agit en vue d’une société plus juste, à faible empreinte écologique et climatique, solidaire du reste de la planète.

Pour en savoir plus : http://www.naturequebec.org/