Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate
Consultations sur le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques : les groupes insatisfaits du processus actuel
Montréal, le 19 mars 2025 – À la suite du lancement hier de la tournée Vision énergie, qui fait office de consultation sur le futur plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE), les groupes signataires se déclarent insatisfaits quant au processus actuel. Plutôt que de procéder d’abord à un débat démocratique, le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) a choisi de lancer un processus de façon précipitée et sans cadre clair. Si l’objectif déclaré est l’élaboration du PGIRE, les questions abordées et le peu de temps alloué pour en débattre ne permettent ni de bien établir les contours d’un projet de société décarbonée et juste comme l’aurait permis un vrai débat démocratique ni de fournir les informations précises nécessaires à la modélisation de l’avenir énergétique.
Les groupes rappellent que ce PGIRE jettera les bases de notre avenir énergétique. C’est pourquoi il doit impérativement reposer sur des modélisations d’hypothèses quant à la consommation future d’énergie dans les différents secteurs de l’économie et à la production future par différentes filières énergétiques. Les groupes ajoutent que l’ensemble de la population étant concernée, il est indispensable que la question soit abordée dans un cadre démocratique inclusif, respectueux des droits des Premiers Peuples et prenant en compte notamment les travailleurs et travailleuses, les populations les plus vulnérables ainsi que les générations futures, ce que le processus actuel ne permet pas.
La forme de la consultation est particulièrement problématique selon les groupes signataires. Plus exactement, bien que la tournée ait le mérite de se déplacer dans 13 villes du Québec, ils dénoncent qu’une consultation lancée à quelques jours d’avis, en plus de faire parvenir la documentation préparatoire à la dernière minute pour des rencontres d’une demi-journée portant sur un enjeu aussi complexe, n’a pour conséquence que d’instrumentaliser la pratique consultative et les groupes présents.
« Au Québec, il existe des forums établis pour mener des consultations démocratiques, pourquoi ne les avons-nous pas mobilisés ? » affirment les groupes. Par exemple, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) permet aux citoyens et citoyennes de s’informer et de s’exprimer tandis que le pouvoir d’enquête des commissaires garantit d’obtenir des réponses crédibles et complètes aux questions de fond. Les processus de la Régie de l’énergie devraient également être mis à contribution pour permettre aux expert·es de débattre de questions plus pointues dans une enceinte transparente et selon des règles claires et connues à l’avance.
Dans les deux cas, la société civile, les expert·es et les scientifiques peuvent connaître à l’avance les étapes, les échéanciers, les objectifs et le cadrage des démarches de consultation, participer aux consultations de manière publique, connaître l’identité des personnes qui interviennent, accéder au contenu présenté et mobiliser ce contenu pour se saisir des enjeux ou contribuer au débat .
En conclusion, les groupes demandent à la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, d’élargir considérablement l’exercice pour permettre la tenue d’un véritable débat de société sur l’avenir énergétique du Québec et de mener ensuite une démarche claire et transparente d’élaboration du PGIRE.
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Pour plus d’informations ou pour obtenir des entretiens avec les signataires du communiqué, veuillez contacter :
Mélanie Busby
Front commun pour la transition énergétique
514-233-8941 | melanie.busby@pourlatransitionenergetique.org
Organisations signataires :
Charles-Édouard Têtu, Équiterre
Anne-Céline Guyon, Nature Québec
Patricia Clermont, Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
Émilie Laurin-Dansereau, ACEF du Nord de Montréal
Normand Beaudet, Fondation Rivières
Jacques Benoit, GMob (GroupMobilisation)
Gilles Cazade, Syndicat des spécialistes et professionnels d’Hydro-Québec (SSPHQ)
Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ)
Carole Dupuis, Mouvement écocitoyen UNEplanète
Janie Vachon-Robillard, Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska
Shawn Bourdages, Comité vigilance énergie et industrie Côte-Nord
Michel Kuntz, Comité provisoire de démocratie citoyenne de la MRC des Sources
Dany Janvier, Contre la Privatisation du Vent et du Soleil dans Mékinac Des Chenaux
Philippe Duhamel, Regroupement Vigilance Énergie Québec
Lucie Sauvé, Collectif des scientifiques sur les enjeux énergétiques
Karl Janelle, Coalition climat Montréal
Marie-Claire Binet, L’Assomption en transition
Rachel Fahlman, Vent d’élus
France Levert, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
Geneviève Paul, Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE)
Charles-Antoine Péloquin-Guay, groupe citoyen.ne Tourne Pas Chez Nous
À propos de Nature Québec
Nature Québec est un organisme national sans but lucratif œuvrant à la conservation des milieux naturels et à l’utilisation durable des ressources depuis 1981. Appuyée par un réseau de scientifiques, son équipe mène des projets et des campagnes autour de 4 axes : la biodiversité, la forêt, l’énergie et le climat, ainsi que l’environnement urbain. L’organisme regroupe plus de 145 000 membres et sympathisant.es, 30 groupes affiliés et est membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En ville comme en région, Nature Québec sensibilise, mobilise et agit en vue d’une société plus juste, à faible empreinte écologique et climatique, solidaire du reste de la planète.
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